‘Guerre de Vendée et Chouannerie – 1. La genèse’

Par Frédéric de Natal.

La guerre de Vendée et la chouannerie… Ces épisodes de l’histoire de la Révolution française qui passionnent et enflamment encore aujourd’hui l’imaginaire de tout un chacun. Opposants et détracteurs ne cessent de s’affronter dans les documentaires, biographies ou romans qui ont été consacrés par milliers à ces épisodes douloureux de notre histoire nationale. Deux cents vingt-quatre ans après son déclenchement, l’insurrection royaliste fait encore polémique, tout comme la nature des massacres perpétrés contre les vendéens reste un sujet tabou. Entre récits flirtant avec la victimisation des uns et proses héroïques des autres, quelle est la réalité de l’histoire des guerres de Vendée et de la chouannerie sous le mythe officiel distillé par les manuels scolaires de la République ?

1788. La Bretagne est en effervescence. Depuis la restauration des parlements quatorze ans auparavant, la question des finances agite celui de Rennes tout comme la monarchie de Louis XVI. À la tête du ministère des Finances, Jacques Necker. Ce dernier a été rappelé par le roi de France en août de cette année et il comprend très vite que des réformes doivent être entreprises afin de calmer le royaume au bord de l’émeute. Et si Necker loue la stabilité administrative de l’ancien duché de Bretagne, rattaché au royaume de France en 1532, il trouve toutefois anormal que la province paye deux fois moins d’impôts que les autres pays d’état. Il s’en plaint au roi mais ne tente rien. Quelques mois auparavant, la province s’était révoltée contre l’autorité royale qui avait déjà essayé de contraindre le parlement breton à se plier à ses exigences. Délégués de la Noblesse, du Clergé et du Tiers-état avaient fait front commun contre la soldatesque venue les arrêter. Et si Louis XVI avait consenti à recevoir douze d’entre eux à Versailles, parmi lesquels le marquis de la Rouërie, ce fut pour mieux conduire tous ces gentilshommes à la forteresse de la Bastille où on leur aménagea spécialement une salle de billard, lits confortables et octroi d’une cave à vin de 240 bouteilles.

« À l’image de tout le royaume, on réclamait en Bretagne l’égalité des impôts, un nombre de députés du Tiers-état égal à celui des deux autres ordres et l’abolition des privilèges. »

Cette forteresse militaire au cœur de Paris, élevée à la hâte, était devenue une prison sous le règne de Louis XI. On y envoyait aussi bien des membres de l’aristocratie que de simples paysans coupables de larcins, autres crimes ou actes de trahison. Le cardinal de Richelieu y avait poussé le vice à faire embastiller certains opposants sans jugements, par ces simples lettres de cachets qui allaient contribuer à forger la légende noire de cette prison, bientôt premier symbole de la Révolution française. Il fallut toute la diplomatie des parlementaires pour que Louis XVI acceptât de libérer les prisonniers, de retirer ses exigences et les députés bretons (réunis sous le signe de l’union) de réintégrer les bancs de leur assemblée sous les vivats de la population. Necker, colbertiste assumé, devait d’ailleurs la fin de sa disgrâce à cette révolte parlementaire, lui qui avait été exilé après la désastreuse affaire des emprunts en 1787. L’alliance des trois états fut de courte durée. Il fallut peu de temps pour s’apercevoir que des divisions profondes subsistaient entre la Noblesse et le Tiers-état. À l’image de tout le royaume, on réclamait en Bretagne l’égalité des impôts, un nombre de députés du Tiers-état égal à celui des deux autres ordres et l’abolition des privilèges. Dans les rues de Rennes, partisans et opposants s’affrontaient violemment et en janvier 1789, les pavés de la capitale bretonne s’étaient couverts de sang, pâles prémices d’une guerre à venir qui allait diviser tout l’Ouest de la France.

Un royaume au bord de l’implosion

La frustration populaire était autant générale que la convocation des états généraux de mai suivant fut porteuse d’espoirs. Les événements devaient rapidement s’enchaîner et sous des airs faussement populaires, c’est principalement les bourgeois qui allaient être aux commandes de ce que l’histoire allait baptiser « Révolution française ». Rien d’étonnant en cela car tous membres du Tiers-état qu’ils furent, leurs fortunes respectives les rapprochaient singulièrement de cette noblesse dont ils jalousaient les privilèges à Versailles, rachetant à tout va des charges nobiliaires tout en raillant ces petits nobliaux de campagnes dont le peu de richesse ne semblait redorer ni la particule ni le blason de la monarchie.

Prise BastilleProclamation d’une assemblée constituante (17 juin 1789), serment du jeu de paume (20 juin 1789), prise de la Bastille (14 juillet 1789), les heures de la société d’ordres semblaient désormais comptées. L’abolition des privilèges, que les images d’Épinal nous ont servi avec des châteaux en flamme, lors de la nuit du 4 août 1789, c’est bel et bien au « Club breton » (futur club Jacobin), situé au café Amaury à l’angle de l’avenue de Saint-Cloud et de la rue Carnot de Versailles, que revient la paternité de cette décision. En particulier à l’initiative d’Armand-Désiré de Vignerot du Plessis-Richelieu, duc d’Aiguillon (1761-1800). Ce monarchien était l’une des plus grosses fortunes nobiliaires de France. Ardent partisan de la Révolution et de l’établissement d’une monarchie constitutionnelle, ce franc-maçon devra pourtant bientôt quitter le pays devant les excès d’une guillotine que le futur régime de la Terreur allait élever au rang de couperet national avant de tomber plus tard sous les balles d’un peloton d’exécution. On vote alors dans l’enthousiasme la fin des droits féodaux et on proclame Louis XVI « restaurateur de la liberté française ». Quoiqu’à regarder de plus près, les « corvées si décriées dans les cahiers de doléances comme la dîme sont maintenues » et certains droits comme les banalités ou les champarts doivent être rachetés par les paysans pour ne plus s’en acquitter. La majeure partie des impôts ne sont pas abolis lors de cette nuit et vont même se renforcer par la « contribution patriotique » imposée par Paris.

constitutioncivileclergc3a9.jpgLa Vendée vit au rythme de la Bretagne. Lorsque le 12 juillet 1790, l’assemblée vote la Constitution civile du clergé, la nouvelle n’est guère reçue avec l’enthousiasme attendu. Les suppressions de certains évêchés comme celui de Saint-Malo ou de Saint-Pol-de-Léon choquent un pays profondément attaché à la religion catholique. La constitution civile réorganise administrativement l’Église sur un modèle départemental et pire, curés comme évêques doivent être désormais élus par des citoyens actifs (à qui on ne demande pas forcément d’être catholiques) et devront attendre leur nomination pour recevoir l’investiture canonique par l’archevêque. Encore faut-il ajouter que ces prêtres devront prêter serment à « la nation, la loi, le roi et la constitution décidée par l’Assemblée nationale ». Le refus du pape Pie VI de reconnaître cette atteinte aux privilèges du clergé n’est pas sans conséquences. Certains prêtres refusent de prêter serment et dès lors on fait la distinction entre réfractaires et jureurs. 65% des membres du clergé dans tout le grand Ouest de la France refusent de reconnaître cette nouvelle constitution. Le royaume de France est au bord de l’implosion.

Le rapide succès de l’Association bretonne

Armand-Charles Tuffin de la Rouërie est l’aîné d’une famille de l’aristocratie bretonne. Marquis né en 1751, il se destine très vite à une carrière militaire. À Versailles, intégré au régiment des gardes françaises, il s’ennuie. Bagarreur dans son enfance, son caractère impulsif le poursuit. Il provoque en duel et blesse grièvement le comte de Bourbon-Busset, ami d’enfance de Louis XVI. Pour une simple cuisson de poulet. Irrité, le roi l’exile brièvement en Suisse avant de l’autoriser à regagner ses terres où il s’initie à la franc-maçonnerie. Lorsqu’il apprend la révolte des colonies britanniques d’Amérique du Nord, le marquis de la Rouërie y trouve là toute l’expression de sa passion pour les armes. Embarqué sur un navire qu’il a chargé de fusils et de balles, le marquis de la Rouërie débarque en avril 1777 sur les côtes américaines dans des conditions rocambolesques. Une fois les barrages administratifs passés, le « colonel Armand » va se révéler un soldat de haute qualité à la tête d’un corps franc d’infanterie, exclusivement composé de pennsylvaniens germanophones. Pour la cause américaine, il s’endette, la finance autant qu’il peut avant de rentrer définitivement en France en 1783 et prendre épouse. Un mariage qui sera bref car Louise Caroline Guérin de Saint-Brice meurt rapidement après six mois de mariage, en juillet 1786.  Le marquis de la Rouërie reste inconsolable, chasse et suit les événements politiques de la France depuis son château de Fougères. « L’affaire des édits de mai » va le réveiller de sa léthargie. Son sang breton ne résiste pas à rappeler à la monarchie le caractère indépendant des sujets de cette province dont il est de facto un député.

« La guerre a éclaté entre la France et les autres monarchies européennes en avril 1792. La Rouërie est prêt à soulever la Bretagne catholique au nom du roi. »

C’est un monarchiste. Il ne peut accepter cette assemblée constituante qui menace de faire tomber le roi. C’est à cette date que germe justement le projet phare du marquis qui parle publiquement de trahisons des députés et se fait fort de le faire savoir à son ami Georges Washington : « J’ai gardé tous mes amis d’autrefois, à l’exception de ceux qui ont un siège à notre Assemblée nationale, que je méprise profondément, quel que soit le camp qu’ils ont choisi, car ils ont tous trahi leur charge ». Soulever la Bretagne devient alors son crédo. N’avait-il pas déjà levé l’oriflamme de la révolte lors des journées de janvier 1789, épée hors du fourreau face aux étudiants contestataires ? Il fonde « l’Association bretonne », véritable précurseur de ce qui allait devenir la chouannerie et jeter les bases de la révolte de la Vendée. Tentant d’enrayer l’émigration de la noblesse, en vain, il se cherche une légitimité royale. Et si le roi est « prisonnier du mirage crée par cette fête la Fédération », de cette assemblée qu’il méprise, c’est au comte d’Artois, Charles de Bourbon, qu’il va s’adresser. Réfugié à Coblence, le frère du roi a été l’un des premiers membres de la famille royale à s’enfuir devant la gravité de la situation qui menaçait de lui faire perdre la tête. Les deux hommes se rencontrent en juin 1791 à Ulm. Artois donne son accord au projet mais se révèle incapable de le financer. C’est à son retour que le marquis apprend avec effroi l’échec de l’aventure de Louis XVI et de Marie-Antoinette, ramené à Versailles depuis Varenne où ils ont été reconnus alors qu’ils s’étaient enfuis en catimini. À Paris, il constate que les idées républicaines sont en pleines expansion et contrastent avec la réalité du reste du pays. Il écrit à ce sujet : « On ne peut pas dissimuler que le mécontentement du peuple se propage de plus en plus ; que l’éloignement général qu’il témoigne pour les prêtres constitutionnels, que la désertion également générale de leur église n’annoncent que trop clairement que le vœu de la grande majorité du peuple est contraire aux lois qui ont divisé l’ancienne église et anéanti le clergé français, sans aucun motif d’utilité publique (…) On ne peut pas dissimuler davantage que la misère publique s’aggrave de jour en jour, que le commerce languit de plus en plus ; que les anciennes ressources du peuple s’anéantissent ; et que cependant il voit, en murmurant, ses charges s’accroître, et jusqu’à la religion devenir pour lui la matière d’un nouvel impôt. »

Marquis de la Rouërie
Le marquis de la Rouërie, peint par Charles Willson Peale.

L’Association bretonne rencontre assez vite un certain succès en Bretagne. Le marquis de la Rouërie réussit même à rassembler plus de 10 000 hommes armés. La guerre a éclaté entre la France et les autres monarchies européennes en avril 1792. Il est prêt à soulever la Bretagne catholique au nom du roi. Les autorités locales ont vent d’un complot (ils avaient déjà mis fin à celui du Baron de la Lézardière qui avait voulu maladroitement sauver le roi) et en mai suivant encercle son château, vidé de ses occupants à l’exception de quelques domestiques, du singe du marquis et de ses meubles. De la Rouërie s’est réfugié au château de Launay-Villiers, dans la Mayenne. Non loin de là campent Jean Cottereau et ses hommes. C’est un ancien contrebandier notoire qui a fait de la prison mais dont la suppression de la gabelle a ruiné le commerce illégal. Le voilà passé de voleur à ennemi de la révolution. La conscription obligatoire au nom de l’effort de guerre prive les paysans de main d’œuvre pour leurs champs. Ils sont jeunes, fuient, désertent et rejoignent la petite bande de Cottereau qui va vite acquérir le surnom de Jean Chouan, grâce au signe de reconnaissance que les révoltés se transmettent pour se reconnaître. Le cri de la chouette hulotte. Il est d’ailleurs peu probable que les deux hommes se soient rencontrés alors qu’ils campaient pourtant non loin l’un de l’autre.

Le tyran n’était pas ici le roi « mais ce fonctionnaire qui venait appliquer quantité de mesures vexatoires » adoptées par la Capitale. Car de prime abord, c’est ici la raison première de cette révolte qui va s’étendre à tout l’Ouest de la France.

« Le roi, il faut sauver le roi ! »

Paris s’agace de cette insurrection intérieure. Le roi a été renversé le 10 août 1792 et les gardes suisses massacrés allègrement par les révolutionnaires qui ont retourné la Garde nationale, censée protéger Louis XVI et sa famille. La Bretagne, plus particulièrement dans le Trégor, donne le son et le rythme des premières notes de musique de cet opéra contre-révolutionnaire qui prendra fin en 1815. On chasse et on rosse les commissaires de la République, les patriotes désarmés et emprisonnés. On s’arme et 8 000 paysans marchent vers la ville de Pontrieux avant d’être repoussés. La ville de Lannion ne sera pas épargnée par les insurgés. La chouannerie vient de connaître ses premières heures de doutes comme de gloire. Le marquis de la Rouërie attend les ordres des comtes de Provence et d’Artois mais ceux-ci tardent à venir. Il a du mal à contenir les ardeurs des membres de l’aristocratie qui composent principalement l’Association bretonne et qui souhaitent rejoindre l’armée des princes qui s’est jointe aux prussiens entrés en France. La révolte s’étend à l’Anjou, au Maine et au Poitou. La Vendée montre ses premiers signes de ralliements à la cause royaliste « cette branche du parti de la Rouërie » comme la qualifiait le général Turreau pour qui un simple pique-nique d’aristocrates met en émoi « la patrie en danger ». Les premiers « Sacrés Cœurs » sont confectionnés par les sœurs des couvents, symbolisant avant tout la dévotion de la vierge avant de devenir ce signe de ralliement en faveur de l’ancien ordre monarchique et religieux. Dès août 1792, la Vendée bourdonne militairement comme un essaim d’abeilles.

L’armée de princes recule, le marquis de la Rouërie hésite à engager ses troupes qui ne font que reculer sans combattre pour mieux se cacher.  L’issue de la bataille de Valmy (20 septembre 1792) est un désastre pour l’Association bretonne autant que pour l’armée des émigrés que la coalition décide de dissoudre. Les uniformes rutilants et chamarrés et la morgue affichée des princes de l’Ancien régime n’auront pas eu l’effet escompté sur les « va-nu-pieds » de la république, commandés par les généraux Kellermann et Dumouriez. Décision est prise de reporter l’insurrection à mars 1793 et dans ce jeu de chat et de la souris, la trahison du rat n’est pas loin. Elle aura pour nom Valentin-Marie-Magloire Chevetel (1758-1834). Ce médecin, qui sera de tous les régimes et qui avait soigné l’épouse du marquis, s’était lié d’amitié avec de la Rouërie quitte à partager avec lui la même femme dans deux lits différents. Mais l’homme est aussi un agent de Georges Danton, ministre de la Justice de la Convention. Ce dernier fut mis au courant des projets du marquis qui se retrouva, dès lors, traqué par les forces de la Convention.

chouan-sacré-coeurProscrit, sa tête mise à prix Armand-Charles Tuffin de la Rouërie contracte une fièvre le 19 janvier 1793, qui le force à prendre le lit. Très vite il va délirer. La tête de Louis XVI a été décollée de son corps par un froid hivernal deux jours plus tard. Le marquis gémit, semble dire …« Le roi, il faut sauver le roi ! ». Autour de lui, on lui cache la vérité. Le marquis tempête, veut connaître l’issue du procès du roi mais on continue à le maintenir dans l’ignorance. Un matin, son domestique oublie son journal ; le marquis s’en empare et sent un frisson glacial l’envahir. Il se lève, s’habille, prend son épée, « le roi, il faut sauver le roi ! ». Le délire est à son paroxysme. Il trébuche, s’écroule sur le sol. Ce 30 janvier à quatre heures du matin, le premier chouan vient de mourir au château de la Guyomarais. On enterre secrètement le corps du marquis avant l’arrivée des soldats de la République. Ces derniers le cherchent et finissent par faire avouer à l’un des prisonniers, non sans l’avoir enivré au préalable, le lieu de sa sépulture.

Déterré, Armand-Charles Tuffin de la Rouërie voit son cadavre roué de coups et décapité, sa tête balancée comme un pot de chambre dans la forêt. Trahis, les membres de l’Association bretonne n’allaient pas tarder à subir le même sort que le marquis.

À Cholet en mars 1793, la ville sonne à son tour le tocsin de la révolte contre la république et dans les poches de cette insurrection qui embrase désormais tout le grand Ouest de la France, le testament politique d’Armand-Charles Tuffin de la Rouërie.

« Il n’y avait en Bretagne qu’un homme capable de grandes choses, M. de La Rouërie » avait dit de lui Maurice Gigost d’Elbée, futur général vendéen de l’armée catholique du roi.

A suivre…


Références bibliographiques :
– Georges Bordonove, La Vie quotidienne en Vendée pendant la Révolution, Éd. Hachette, 1993.
– Jean-Clément Martin, Blancs et Bleus dans la Vendée déchirée, Éd. Gallimard, coll. « Découvertes », 2008.
– Nathalie Meyer-Sablé et Christian Le Corre, La Chouannerie et les guerres de Vendée, Éd. Ouest-France, 2007.
– Henri Poisson et Jean-Pierre le Mat, Histoire de Bretagne, Éd. Coop Breizh, 2007.

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